Pour la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs et enseignants-chercheurs de la fonction publique
Chers collègues, chers signataires ou non-signataires de notre lettre ouverte à Valérie Pécresse,
Mercredi 10 au soir, la conseillère de Mme Pécresse pour les sciences humaines ma téléphoné pour me demander de plus amples détails sur laffaire V. Geisser. Pour ma part, jai demandé la suspension de la procédure disciplinaire engagée par le CNRS et le retrait de la plainte déposée en justice par J. Illand.
Je vous adresse en document joint la lettre que Mme Pécresse vient de menvoyer, suite à cette conversation. Est-elle en mesure dapaiser nos inquiétudes ? A vous den juger.
En ce qui me concerne, je considère que dès lors que « la liberté de pensée et dopinion des chercheurs » est expressément garantie par Mme la Ministre, que le dossier constitué contre V. Geisser ne comporte en tout et pour tout quun mail, et que ce mail est privé (diffusé à l'insu de son auteur et contre sa volonté), il n'y a en tout état de cause ni diffamation susceptible de justifier une procédure judiciaire, ni matière à la réunion d'un conseil de discipline.
Pour garantir dans les faits et par l'exemple « la liberté de pensée et dopinion des chercheurs », il convient de permettre à V. Geisser de sortir la tête haute de cette affaire. En revanche, si ce conseil de discipline se réunit, et pire le condamne, cela fera jurisprudence. Et lon ne peut oublier que cette convocation intervient après quatre ans de harcèlement. Nous devrions soutenir V. Geisser jusquà ce que le CNRS suspende toute procédure à son encontre.
Nous ne pouvons accepter qu'une telle atteinte soit portée au fondement même de notre travail de chercheurs et d'enseignants-chercheurs.
Vous pouvez donc, si vous ne l'avez déjà fait, continuer à signer notre lettre sur le site : http://petition.liberteintellectuelle.net (en noubliant pas de répondre au mail de confirmation que vous recevrez après inscription). Sur la page daccueil de ce site, vous aurez accès aux communiqués de soutien (associations professionnelles de sociologues, LDH, etc.) ainsi quà tous les articles parus sur cette affaire. Des papiers sont attendus dans Le Monde et Le Nouvel Observateur (versions papier).
Notre lettre a paru dans LHumanité de ce mercredi 10 juin. Un grand nombre de sites continuent à la relayer.
Bien cordialement à vous, et merci pour votre attention, votre confiance et votre détermination,
Esther Benbassa, directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études